Le lâcher prise, c’est aussi bon pour les grands

J’avais déjà écrit sur le lâcher prise, par rapport aux enfants, et au maternage. Car cela aide face à un blocage, et permet de ne pas s’engager plus avant dans un rapport de force.
Des expériences personnelles, et de proches me refont considérer le lâcher prise.

Sur http://www.oserchanger.com, la psychologue Marie Bérubé écrit:
« Lâcher prise implique parfois de faire le deuil d’une croyance, les il faut, les je dois appris, conditionnés et inefficaces quant au résultat. Par exemple : il faut que tout soit parfait. – Tout doit toujours fonctionner comme je le veux. – Je dois tout faire moi-même.
D’autre fois, c’est du résultat qu’il conviendra de faire le deuil puisqu’il n’est pas entièrement sous notre contrôle (par exemple, les résultats scolaires de notre enfant ou l’ordre dans sa chambre). Certains auraient intérêt à faire le deuil de leur passé, de leurs épreuves, de leurs problèmes, puisqu’on ne peut changer le passé et que le ressasser inlassablement nous empêche de profiter du moment présent. Certains traînent avec eux, pendant des années, des deuils et refusent de tourner la page, minant ainsi leur propre moral et celui des autres.
Les deuils à faire sont multiples, que l’on songe à toutes les idées irréalistes que nous entretenons sur nous-même (vouloir être apprécié de tous, par exemple, ou vouloir que tout le monde autour de nous soit bien), sur les autres (souhaiter que son conjoint ou son collègue de travail ait un caractère différent), sur le travail, etc. »

Cessons de vouloir être parfaits

Lâcher prise permet de désinvestir une situation, ce qui demande comme préalable une certaine confiance. Je pense qu’on ne lâche prise sur ce qui nous rend malheureux que lorsqu’on s’en sent capable, ce qui nécessite une prise de conscience.  Ce désinvestissement va à l’opposé des diktats de notre société prônant le contrôle, l’action, et surtout la quête de la perfection. Mais cela me semble souvent bien nécessaire, notamment concernant les relations qui font souffrir. Cela permet par la suite de pardonner, et d’avancer, de nouer une relation nouvelle, moins douloureuse, ou bien de faire le vide des relations difficiles, dans un exercice qui rejoint la simplicité volontaire. Plutôt que de collectionner les amis sur Facebook, ne voir que ceux qui nous tirent vers le haut, et nous font du bien.
Cette prise de conscience me pousse de plus en plus à rejeter les modèles proposés par la société ambiante, qui en fait enferme les personnes dans des rôles, qui quand on les joue doivent être parfaits.  Or, nul n’est parfait, ça se saurait. Et tout manquement à son rôle est ressenti comme un échec douloureux. On devient quelque part « inadéquat ».

J’en suis venue à ces réflexions car je me rends compte que je dois faire le deuil de ma relation à chacun de mes deux parents (à 30 ans, il était temps! 😉 ). Faire le deuil de la femme et mère respectueuse que j’aurais voulu être: éco-responsable, éducation non violente, etc. Egalement du couple que mon mari et moi formons. Deuil de l’amie et de la sœur que j’aimerais être.
Cela ne veut pas dire que je renonce à tout cela, mais en lâchant prise, au lieu de focaliser sur mes difficultés, j’arrive à revoir la toile d’ensemble, mes buts. Et même s’il y a des sorties de route, ou des chutes, je me remets en selle.
En acceptant de perdre le contrôle, je me rends plus disponible à ce qui m’est donné à vivre. Et je ne l’en apprécie que plus. Alors que je perdais de vue ce qu’il y a de beau dans ma vie, j’arrive maintenant à faire la paix avec moi-même, et je retrouve ce tableau d’ensemble si unique, et captivant.

Comme le dit la prière de la sérénité, écrite à l’époque médiévale et reprise par les Alcooliques anonymes : « Donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer celles que je peux changer et la sagesse d’en voir la différence. »

Image Jardin zen © Peter Samuels

Publicités

À propos de amelie75

Maman au cube, je blogue mon cheminement en parentage qui a commencé à Paris et se poursuit au Québec.

2 réponses à “Le lâcher prise, c’est aussi bon pour les grands

  1. C'est très beau… Parfois, il faut accepter ce qui ne fait pas beau dans le décor…

  2. Tout à fait Pherenike!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :